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Le commerce équitable
« Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine. »
Déclaration universelle des droits de l'homme article 23
Le commerce équitable est un commerce social dont le but n'est pas la recherche du profit maximal, mais la création d'une économie qui remet l'homme et la nature au cœur de ses préoccupations.
Le commerce équitable existe depuis 40 ans.
Appelé au départ « commerce alternatif », il a été progressivement mis en place par les ONG dans les années 60 en Grande Bretagne (OXFAM) et aux Pays Bas sous forme de boutiques spécialisés. Rapidement ce concept s’est étendu en Europe et en Amérique du Nord. En France, c’est l’Abbé Pierre qui est à l’origine du commerce équitable avec la création de la 1er boutique Artisans du Monde en 1974.
Le Commerce Equitable connaît actuellement un phénomène d’accélération de ses ventes sur l’ensemble du marché Européen et Nord-Américain. C'est un commerce social qui vise à établir un rapport d'échanges satisfaisant pour tous, et qui a pour principe d'aider à se développer des coopératives d'artisans dans les pays en développement, de manière durable.
Quelles garanties ?
A l’heure actuelle, il n’existe pas de système indépendant, chacun s’auto-contôle et s’engage à jouer la transparence. Cette absence de norme amplifie la confusion des consommateurs. Les acteurs du commerce équitable en premier souhaitent pourtant clarifier la filière et garantir leur éthique.
L’AFNOR planchait depuis 3 ans sur une norme permettant de labelliser la notion de commerce équitable en France, pour tenter de limiter l’utilisation abusive du terme « Commerce équitable » à des fins marketing. L’initiative fut saluée à l’époque par tous les acteurs concernés.
Pris entre partisans de la certification par produit, qui permettait aux distributeurs d’éviter toute obligation à leur niveau, et défenseurs d’une certification par filière plus contraignante mais plus sûre, le débat s’est éternisé. Finalement, personne n’aura eu le dernier mot : l’AFNOR a réduit ses ambitions en publiant le 10 janvier 2006 un fascicule de référence, l’accord AFNOR AC X50-340 ; qui n’aura qu’un caractère informatif.
L’accord AFNOR AC X50-340 définit le commerce équitable selon 3 principes fondamentaux :
1 - L’équilibre de la relation commerciale entre les partenaires ou co-contractants,
Ce principe se traduit dans les faits par : un juste prix, qui doit pouvoir couvrir les coûts de production du produit, y compris les coûts environnementaux et sociaux et assurer aux producteurs un niveau de vie décent.
Et le refus de tout forme d’exploitation (refus de l’exploitation des enfants, de l’esclavage, du travail forcé et des discriminations…)
2 - L’accompagnement des producteurs et des organisations des producteurs engagés dans le commerce équitable,
Des contrats de partenariat durable avec un prix d’achat garanti et des possibilités de préfinancement et qui évitent aux paysans et aux artisans de brader leurs produits ou d’avoir recours à des prêts usuriers.
La priorité donnée aux producteurs en situations de précarité pour les aider à conquérir leur indépendance économique,
Le respect des droits sociaux en terme de formation, de santé et de protection sociale.
3 – L’information et la sensibilisation du consommateur, du client, et plus globalement du public au commerce équitable.
Des rapports transparents entre partenaires : La filière équitable doit fournir une information totale sur le producteur et les produits (origine et parcours). L’information du consommateur doit lui permettre d’effectuer un achat réfléchi et responsable.
Certains acteurs du commerce équitable ajoutent d’autres critères, notamment :
Des filières d’importation les plus directes possible (réduction du nombre d’intermédiaires entre producteurs- vendeur et acheteur final afin de maximiser la marge productrice)
Des critères environnementaux, tels le respect des écosystèmes spécifiques, la diminution voire l’abandon de l’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides, le recours à des méthodes de production traditionnelles et naturelles, l’encouragement à développer la culture biologique.

